A l'occasion de la parution du livre

Poésie Arabo-andalouse

Catherine Maurin et Alain Bittar
ont le plaisir de vous inviter à la soirée

Rencontre, débat, lecture et dédicace autour de la Poésie Arabo andalouse.

En présence de

Rachid Koraïchi (auteur des illustrations)
Farouk Mardam-Bey, (Directeur littéraire de l'album).

Vernissage de l'exposition des planches originales de Rachid Koraïchi.

La soirée sera rythmée au son de la musique arabo andalouse.

le 14 MARS 2007 à 18h30

à la Librairie Arabe "l'Olivier" 5 rue de Fribourg 1201 Genève.

Poésie arabo andalouse
Auteur(s) : Koraïchi ( Rachid ) / Mardam-Bey ( Farouk )
EDITIONS MICHALON - UN ALBUM EN PARTENARIAT AVEC L'INSTITUT DU MONDE ARABE


"D'entre tous, ce pays est jardin pour toujours!
Si j'avais à choisir, c'est lui que je choisis.
N'ayez crainte, après lui, de connaître le feu :
Jamais le paradis n'ouvrira sur l'enfer."

Ibn Khafâdja L'Andalou

Cet album Tatou bilingue, petite anthologie, est né du profond désir de montrer combien la poésie arabo andalouse a pu vivre dans la liberté de l'esprit et du corps, portant haut l'expression de l'amour, de la nature, de la vie, en des temps où la poésie arabe se faisait aussi bien chez les humbles que chez les princes.

Une douce nostalgie

Les huit siècles de présence musulmane en Espagne (710-1492) peuvent être abordés – et on n’a pas manqué de le faire – comme une suite incessante de conquêtes et de reconquêtes, de jihâd et de croisades, à quoi s’ajoutent les guerres et les querelles au sein de chacun des deux camps, musulman et chrétien. Et pourtant, rien qu’à prononcer ce nom, Al-Andalus, on se sent d’emblée saisi d’une douce nostalgie. C’est qu’il existe un mythe andalou qui, comme tous les mythes, est encore plus têtu que les faits. Il s’apparente à celui du Paradis perdu. Al-Andalus est cette terre généreuse où des populations d’origines diverses se sont croisées, des cultures métissées, des religions côtoyées, où la civilisation matérielle était des plus raffinées et où se sont épanouis, comme nulle part ailleurs en pays d’islam, les sciences, la philosophie, les lettres et les arts. Si certains épisodes de l’histoire d’Al-Andalus confirment partiellement cette image idyllique, d’autres, sans doute plus nombreux, l’infirment ; elle reste cependant bien vivante dans l’inconscient collectif des Arabes d’Orient et du Maghreb – peut-être aussi des juifs sépharades.

De très grands philosophes et savants ont vécu en Espagne musulmane, de magnifiques monuments y ont été érigés, mais on peut se demander si le secret de l’étrange nostalgie qu’elle inspire ne réside pas plutôt dans les qasîda, muwachchah et zajal, composés par ses poètes pendant huit longs siècles. En effet, dans cette poésie, deux thèmes sous-tendent tous les autres : d’abord, dans un premier temps, la douceur de vivre, ensuite, dès le début du déclin, le souvenir d’un monde merveilleux à jamais disparu. La musique et le chant n’ont pas tardé à s’emparer de ces poèmes – certains leur étaient déjà destinés – pour les populariser à travers le monde arabe, de Tétouan à Alep, en passant par Alger et Le Caire. Plus encore, ayant subi l’influence du milieu, chrétien et juif, où ils sont nés, ils ont à leur tour marqué la poésie hispano-hébraïque et laissé des traces dans celle du Nord de la Péninsule ibérique et en Provence.

La petite anthologie que nous présentons ne prétend pas fournir des échantillons de tous les thèmes ni de toutes les formes de cette poésie. Comme on peut l’imaginer, bien d’autres poètes auraient mérité d’y figurer, et ceux qui ont été choisis – certainement parmi les plus représentatifs – avaient beaucoup d’autres cordes à leur arc. L’essentiel pour nous était de permettre aux amateurs de poésie de faire leurs premiers pas chez les Arabo-andalous. Et de leur donner envie d’aller plus loin.